Les permissions qu'aucune application n'a de raison de demander
On accorde les autorisations par réflexe, au moment où elles interrompent une action qu'on voulait finir. Voici comment reprendre la main en dix minutes.
Le mécanisme est bien conçu et mal utilisé : la demande d'autorisation arrive au pire moment, quand on veut simplement que l'application se lance. On accepte pour continuer, et on n'y revient jamais.
Le test simple
Une permission se justifie si elle est nécessaire à ce que fait l'application, ici et maintenant. Une application de retouche photo a besoin d'accéder aux images ; elle n'a aucune raison d'avoir besoin du micro ou de la localisation permanente.
Quand le lien n'est pas évident, il n'y en a généralement pas.
Si vous ne voyez pas pourquoi l'application a besoin de cette permission, c'est souvent qu'elle n'en a pas besoin pour vous — mais pour quelqu'un d'autre.
Les quatre à examiner en priorité
- La localisation en permanence. Très peu d'usages la justifient. La plupart des applications fonctionnent parfaitement avec l'option « pendant l'utilisation », qui existe précisément pour ça.
- Le micro. Justifié pour un appel ou un enregistrement, rarement ailleurs.
- Les contacts. Souvent demandé pour « trouver vos amis », ce qui revient à transmettre les coordonnées de tiers qui n'ont rien accepté.
- Les notifications. Sans enjeu de vie privée, mais premier facteur de sollicitation permanente. Les couper là où elles n'apportent rien change la journée davantage que le reste.
La revue à faire une fois
Les systèmes mobiles proposent désormais un écran listant les permissions par catégorie plutôt que par application : on voit d'un coup toutes les applications ayant accès au micro, puis à la localisation. C'est beaucoup plus rapide que de parcourir les applications une à une, et l'effet de liste rend les anomalies évidentes.
Les indicateurs affichés à l'écran lorsque le micro ou la caméra sont actifs sont l'autre outil utile : ils signalent en temps réel une utilisation qu'on n'a pas demandée.
Le réflexe à garder
Refuser d'abord, accorder ensuite si quelque chose ne fonctionne pas. C'est l'inverse de ce qu'on fait spontanément, et c'est nettement plus efficace : la plupart des permissions refusées ne manquent jamais, et celles qui manquent se réactivent en deux gestes au moment où le besoin apparaît réellement.